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"Psyché per Amour" Lydie Jean-Dit-Pannel
"Psyché per Amour" Lydie Jean-Dit-Pannel

Ceux qui ne cassent pas trois pattes à un canard ne nous saluent pas

Ils sont formidables ces médias citoyens et participatifs. Vous les avez vus ? Comment ils prennent appui sur nos histoires pour mieux nous faire trembler encore à propos de la puissance de nos institutions ? À les écouter, rien ne pourrait changer.

Sarkozy en correctionnelle ? « Une tuile pour l'ex-président » ! selon les commentateurs qui lui souhaiteraient presque la réélection pour échapper aux poursuites et aux sentences qu'il risque.

Un chauffeur de bus refuse la réquisition qui permettrait l'expulsion de « migrants » à Vintimille ? la presse s'empresse de rappeler la loi incontournable qui nous ferait obligation d'obéir tous et chacun, sous peine d'emprisonnement.

Une postière atteinte d'un arrêt cardio-vasculaire sur son lieu de travail ? Les chroniqueurs en rabattent à la fois sur le caractère exceptionnel de la situation et à la fois sur sa banalisation dans toutes les entreprises, qui soumettent systématiquement les employés à leurs besoins, et non pas à ceux des travailleurs, faudrait quand même pas se tromper de priorité, des fois, ah mais !...

Vous croyez que mes exemples proviennent des organes officiels, adeptes de la propagande des puissances financières et patronales ?... Eh bien non !... Vous pouvez vérifier auprès de vos moteurs de recherches (marre de me coltiner ce genre de déjections après une journée entière à m'étrangler de colère face à ce fatalisme de nos contemporains). Ce sont nos propres revues, de gens qui se pensent, sinon à « gauche » (quel sens ça a avec le détournement des mots ?), c'est l'Obs, ReporTerre, BastaMag, Le MondeDiplo qui se font les avocats du libéralisme démocrate-chrétien et du constitutionnalisme néo-républicain.

Deux choses l'une

Ou bien Mediapart, Rue89 et d'autres revues électroniques ne savent pas faire face aux trolls qui submergent la Toile.

Ou bien les rédactions elles-mêmes se croient obligées de laisser libre cours à la pensée des couches dominantes de nos sociétés, pour va savoir quelle légitimité, va savoir quelle peur de représailles, va savoir quel retour d'ascenseur. Va savoir quel effet secondaire, commercial ou politique.

Les journaux qui se prétendent favorables aux couches défavorisées de nos populations restent dans l'anecdotique, ou, au contraire, dans les généralisations droits-de-l'hommistes, quand ils s'expriment sur ces questions. Mais, le plus souvent, ils laissent les blogueurs diffuser leurs informations et rester dans leur maigre auditoire.

De fait, ces textes sont inoffensifs. À force de ne vouloir offenser personne, à force de ne rien préconiser d'offensifs contre l'arbitraire des puissances au pouvoir, ceux qui les écrivent sont inutiles, impuissants et rébarbatifs.

Que faire de ces informations ?

Le citoyennisme et la bien-pensance, toute la démocratie de comptoir qui se déverse jusqu'à la nausée à longueur de colonnes dans cette presse, qui se prétend pourtant d'information ET sensible à la cause des gens du peuple, ce sont des signaux d'alarme pour les lendemains d'élections. Car, ne nous y trompons pas : il y en aura beaucoup pour aller voter et donner légitimité à ceux qui trompent et répriment.

On lit, navrés, des constats sans portée ni recommandation, on lit, indignés, des dépêches factuelles sources d'émotions et d'impressions sans lendemains.

Est-ce ainsi que les hommes vivent ?

La rentrée a donné le ton : tabassage des militants par la police, notamment Canal Saint-Martin, expulsion de squatts, mise en centre de rétention immédiate de nouveaux arrivants des zones hors Schengen, abandon dans la rue de mineurs isolés étrangers, roms délogés sans solution d'hébergement, notamment à Montreuil depuis plus d'un mois, effacement des fresques mémorielles attestant de la xénophobie de nos dirigeants, violences quotidiennes dans les quartiers et les entreprises sans aucun recours à la loi garantissant la protection des plus démunis et la liberté de circulation des personnes et des idées.

Et aucune association, aucune organisation, aucun syndicat, aucun parti n'appelle à se retrouver pour faire valoir les justes droits pour tous ?...

À quand la révolte des populations ?

Nous n'avons pas tant besoin qu'on nous explique quand comment et pourquoi les choses en sont là. que de mettre en place au plus tôt les outils politiques pour accéder aux moyens des prises de décisions qui rendront leurs droits à tous.

Ce sursaut aura-t-il lieu un jour ?... Passerons-nous enfin aux actes pour se répartir dès que possible les ressources de manière équitable ?

Je sais que ces appels ne débouchent sur rien, il y en a très très peu pour les lire, et encore moins pour y donner suite.

Pourtant, tous, autour de nous, tous ont besoin d'en finir une fois pour toutes avec l'inutile, l'impuissant, l'apeuré et le violent. Tout ceci est en nous, et nous tournons tout ceci contre nous. Il est temps de s'en dégager si l'on ne veut pas que nos traumatismes nous rendent fous. SI l'on ne veut pas que cet environnement malsain ne finisse par avoir raison de nous, de notre santé, et de notre peau.

Jean-Jacques M’µ

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