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CaféSéditions à Gourdon pour se déCONgestionner

Les clichés vont bon train

Parler de migrants (sic !) quand il est question de personnes étrangères à qui l'administration refuse pourtant le droit de travailler ; parler de réfugiés (re-sic !) quand la même administration laisse sans refuge les personnes concernées, faisant traîner leurs demandes d'asile durant plusieurs mois, années et même parfois des dizaines d'années !... ce n'est pas parler innocemment, c'est véhiculer des stéréotypes faux, archi-faux et, même, souvent dangereux pour les populations elles-mêmes, nous y compris.

C'est un fait, les institutions ne font pas leur travail pédagogique, ni à l'école ni dans l'espace public, et, alarmistes ou angéliques, les organes d'information transmettent à très grande échelle des visions propagandistes qui faussent cruellement le débat dans nos sociétés au moment de pointer des situations géo-stratégiques contemporaines où le capitalisme s'est à ce point basé sur l'armement, l'accaparement des terres et les (re)constructions en béton à très grande échelle, que chacun d'entre nous finit par croire fatal ce qui est pourtant résistible.

Prendre du recul vis-à-vis des fausses évidences

Que les sédentaires plus ou moins bien installés aient des préjugés contre les cultures différentes qui traversent leurs espaces, on peut le comprendre à la rigueur ; comme on peut comprendre les réflexes normatifs ou normalisants de chaque groupe social. Ce qui ne veut pas dire qu'on approuve. Et les autorités locales se comportent d'une manière beaucoup trop frileuse face à ce qui reste, quoi qu'on en dise, de l'intolérance.

La tolérance n'est jamais spontanée, la tolérance est un mode de penser appris au prix de remises en question qui peuvent être douloureuses. Si les journalistes et leurs rédactions, si les enseignants et leurs hiérarchies se mettent à colporter des idées fallacieuses et étroites, si les élus locaux n'osent pas réagir contre la non-assistance aux personnes en danger ou contre les appels à la haine, comment espérer ouvrir nos sociétés ?

La pauvreté n'est fabriquée que par le refus de partage des riches

Le chômage n'est pas le fait des travailleurs et encore moins le fait des demandeurs d'emplois, il est avant tout et surtout le résultat du seul refus d'embauche des entreprises qui préfèrent se délocaliser et placer leurs capitaux dans des paradis fiscaux. Une fois conscient de cet état de fait, on peut répartir les ressources locales et les énergies. C'est une affaire de confiance en soi, et d'estime entre divers groupes, y compris étrangers, y compris de passage.

Notre intérêt se situe là et seulement là : dans l'échange des potentiels, d'où qu'ils viennent, pourvu que ce ne soit pas pour détruire, même à distance, ailleurs, d'autres populations. Notre intérêt, à tous, n'est pas dans les atermoiements de nos autorités qui tremblent sottement devant les positions de rejet des plus frustres d'entre nos concitoyens. Il nous faut faire entrer dans les pratiques la protection des plus défavorisés tel que c'est encore possible dans une Constitution pourtant bien faillible.

Le retour aux urnes se fera avec l'assurance que cette politique d'accueil sera effectivement défendue contre tous les assauts nationalistes et criminels qui menacent les solidarités des peuples sans frontières.

Que philosopher c'est apprendre à agir

L'ouverture des CaféSéditions le samedi 8 octobre 2016 à Gourdon, 6 rue du Majou est une volonté de ne pas se laisser déborder par le marasme ambiant. Il n'y a pas de grandes envolées intellectuelles, et encore moins capilotractées, nous mettons en commun simplement quelques doutes et certitudes acquises au long de nos expériences respectives. Nous sentons la nécessité de ne pas rester isolés, car, non seulement tout le monde est capable de penser avant d'agir, mais il y a, de plus, urgence à ne pas céder derrière quelques démonstrations de force bêtes et méchantes qui n'ont réfléchi ni aux causes ni aux conséquences des mouvements qui opèrent en nous et autour de nous.

Nous renouvellerons les séances d'octobre les samedis à 19h.

Nous amplifierons l'idée que rien ne peut se faire sans avoir approfondi un tant soit peu les risques et les intérêts de quelque action autour de nous.

Jean-Jacques M’µ

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