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Café philo samedi 26 novembre dès 19h

à la Bouquinerie d'ABC’éditions
6 rue du Majou à Gourdon

 

Thème
TRAVAIL & REVENU

Nous vous proposons de venir discuter en ayant pris le temps d’approfondir les données du débat fournies durant les Nuits Debout et par le journal Ballast en juin dernier


Pensez aussi à un mode de répartition de la parole qui permette à chacun de s'exprimer de manière approfondie.

 

Quelques éléments de réflexion :

 

RdB vs SàV

– Le Revenu de Base

Il n’existe pas qu’une version du revenu de base. Rien qu’en France, douze versions se font concurrence. L’idée commune à tous ces revenus de base est le fait de pouvoir cumuler un revenu garanti à tout autre revenu d’activité. Des versions que nous pourrions définir comme « de droite » et d’autres « de gauche » existent. L’une des propositions libérales du revenu de base suppose la suppression de toutes les aides sociales et services publics. Les individus seront ainsi de « libres consommateurs » et les services publics n’auront plus de raison d’exister puisque chacun aurait les moyens de subvenir à ses besoins. Une autre version libérale suppose le remplacement de toutes les aides sociales existantes par ce revenu de base ; il suffit de diviser le montant alloué à toutes ces aides sur l’ensemble de la population éligible au revenu de base. Ainsi, au lieu de cibler les personnes en difficultés, ce montant serait distribué à parts égales à tous (version proposée en Finlande).

Les versions « de gauche » parlent de créer un revenu « suffisant » et de garder en plus l’ensemble des allocations sociales et l’ensemble des services publics existants. La version de Baptiste Mylondo ajoute à cela une suppression de la propriété lucrative pour certains biens (c’est-à-dire de la capacité à tirer un revenu d’un droit de propriété) et une échelle de salaires régulée (de 1 à 4), se rapprochant ainsi du « salaire à vie » proposé par le « réseau salariat », dont l’initiateur est Bernard Friot.

– Le Salaire à Vie

Le salaire à vie est une proposition qui vise à étendre ce qui est « déjà là » dans notre société, à savoir la cotisation sociale. De l’étendre à l’ensemble de la valeur crée. Le salaire à vie, en plus d’une échelle de salaire (1 à 4, 1 à 6, 1 à « à débattre »), propose que le premier niveau de salaire soit inconditionnel à partir de 18 ans. Le salaire à vie implique également la suppression du marché du travail et du marché du capital. L’ensemble de la valeur créée est allouée à deux caisses : une caisse de salaires et une caisse d’investissement. On n’aurait donc plus à se vendre sur un marché pour travailler, mais l’on proposerait sa coopération à une activité déjà existante, ou l’on proposerait une nouvelle activité financée par la caisse d’investissement. Les salaires seraient non plus payés par l’entreprise mais par la caisse de salaires en fonction du grade de la personne et non plus en fonction de l’activité qu’elle effectue. De la même manière, l’on n’achèterait plus le capital sur un marché (avec taux d’intérêts) pour financer une activité productive, mais l’on demanderait une subvention à la caisse d’investissements qui déciderait de l’utilité sociale de l’investissement. L’on ne rembourserait pas la subvention ainsi reçue, car l’investissement créerait un équivalent de valeur à la somme reçue. À coté de ces caisses, différentes structures organisationnelles existeraient comme les comités de qualification qui décideraient de la vitesse à laquelle un travailleur évoluerait dans l’échelle de salaire en fonction de la nécessité sociale de son activité.

Par ex, si personne ne voulait faire une activité quelconque, la vitesse de montée dans l’échelle de salaire serait accrue pour cette activité, ce qui permettrait d’allouer offre et demande de travail sans passer par un marché, sans passer par l’exploitation inhérente au marché du travail que nous connaissons actuellement. Une fois un niveau de salaire atteint, la théorie du salaire à vie suppose que l’on garde le niveau de salaire acquis quelque soit la reconversion envisagée. Il sera donc possible au sein d’une entreprise d’avoir un nouveau salarié mieux payé que le créateur de l’entreprise, car ils n’ont pas eu le même parcours salarial. Une personne ayant été éboueur pendant dix ans et commençant une nouvelle activité dans une boulangerie pourra être mieux payée que le créateur de la boulangerie.

Le salaire à vie casse le lien qui existe entre revenu et emploi et assure, comme dans la fonction publique, un niveau de revenu selon un grade et non selon une activité. Ces décisions prises par les caisses de salaires, d’investissement ou les comités de qualification ne sont pas fixées au préalable. Les modes de décisions de ces différentes caisses sont à investir démocratiquement autant sur la composition des décisionnaires que sur les critères de décision de ces caisses. Ces caisses et comités sont des moyens de redéfinir démocratiquement ce qui a de la valeur dans nos sociétés, ce que l’on doit produire et comment, dans quelles conditions le produire. Ce n’est donc plus le profit qui est l’aiguillon déterminant l’investissement, mais l’utilité sociale. Utilité sociale qui est elle-même à redéfinir par le réinvestissement  

+

Ceux qui ont pu venir à la séance animée par Arno samedi 19 auront pu voir une vidéo d'une demi-heure traitant du salaire à vie : http://kaos.over-blog.com/2016/11/samedi-19-novembre-2016-a-19h-infos-debat-revenu-de-base/salaire-a-vie.html

 

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