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Réponse à mes amis qui me conseillent un avocat

Chers vous tous et toutes,

Votre souci de mon intérêt me touche profondément et sincèrement. Vous souhaitez pour moi me voir défendu par un avocat de qualité face aux avocats de la grande entreprise qui me poursuit en diffamation. Je comprends ce réflexe de votre part et il est justifié, justifié dans le cadre d'une société juste.

Juste ?...

Pour se faire une idée juste de la justice de cette justice...

Faut-il inventorier le nombre de relaxes prononcées à des policiers ayant tiré parfois dans le dos sur des personnes inoffensives, pacifiques et désarmées ? des femmes et des enfants ? des vieillards ?... (http://www.urgence-notre-police-assassine.fr/123663550)

Faut-il inventorier le nombre de relaxes pour la délinquance en col blanc des fraudeurs, tradeurs, affairistes, cadres d'entreprises financières ?... (http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/11/12/delinquance-economique-l-impunite-s-accroit-en-france_1439112_3232.html), sans compter les cas de harcèlements sexuels et de proxénétisme aggravé en réunion où les élites de nos pays obtiennent le non lieu par défection des parties civiles (http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20150216.AFP9017/carlton-plusieurs-parties-civiles-abandonnent-leurs-poursuites-contre-dsk.html)

Faut-il inventorier, en face, le nombre de condamnations contre de pauvres gens chassés par le système dominant, roms, sans papiers, sdf, petit personnel ayant commis de menus larcins ?... (http://www.projet22.com/questions-de-societe/les-faits-marquants/article/trois-sdf-condamnes-pour-avoir.html)

Faut-il, enfin, s'illusionner encore long longtemps sur la prétendue indépendance de notre justice depuis que la pression sur les juges d'instruction permet le suicide en nombre chaque fois croissant de ceux qui poursuivent la recherche de la vérité (https://fr.sott.net/article/2534-Un-juge-d-instructions-est-suicide-accable-par-le-travail), et nous ne remonterons pas à la sordide affaire Gordji où les armes, les formations et la logistique terroristes passaient (comme aujourd'hui encore, ne nous leurrons pas) par la valise diplomatique en utilisant jusqu'aux services secrets pour mieux accabler les magistrats restés intègres, comme ce fut le cas en son temps pour le juge Boulouque (https://fr.wikipedia.org/wiki/Gilles_Boulouque).

Selon que vous serez puissants ou misérables...

C'est de toute évidence un système inique ancré de très longue date, et qui s'est renforcé ces dernières décennies en faveur des puissants en accablant toujours davantage les plus défavorisés. Chez la plupart des juges et des procureurs, tout excès est justifié chez les nantis et toutes leurs violences minimisées, alors qu'en revanche, aucune circonstance atténuante ne sera prononcée pour les plus démunis (ni la faim, ni le besoin, ni l'assistance à personne en danger, ni la révolte devant les injustices ou en réponse à la brutalité machiste ou policière, rien, rien, rien de tout ça, hélas, ne trouvera jamais grâce, ou trop rarement, aux yeux des procureurs de la république et de la plupart des juges de nos pays).

Bon..

Vous me direz qu'il y a tout de même un Denis Robert ou un Stéphane Lhomme qui ont réussi à prouver leur bonne foi devant les Cours de Cassation. C'est vrai. Sans doute les avocats auront-ils eu leur rôle non négligeable pour seconder ces héros des temps modernes. Je crois surtout que c'est l'épreuve de vérité qui aura fait foi : dans ces deux cas, les preuves avancées étaient évidentes, incontournables, inattaquables, de source autorisée et incontestable, notamment les services comptables des pays concernés, Luxembourg ou Niger.

Donc... Ok.

Si je dois aller en appel, oui, je me résoudrai alors aux services d'un avocat spécialiste du droit de la presse.

Mais en attendant, quoi ?...

Il y a cette audience de fixation au TGI de Paris devant la 17e Chambre correctionnelle le mardi 30 août 2016 à 13h 30.

L'autre inculpé est sur une ligne d'affrontement, et il a donc besoin des conseils d'un avocat qui a déjà connu ce genre d'affaires, puisqu'il veut défendre le droit d'expression en portant la preuve de vérité (la véracité des faits sous les termes utilisés) dans le site de la coordination antinucléaire du Sud-Est.

Pour ma part, je conçois au contraire ma défense avec d'autres arguments que la vérité pour prouver ma bonne foi : je ferai valoir mes écrits, tous prudents, mesurés et vérifiés dans un cadre pourtant polémique. Je ferai valoir le droit d'informer de chaque citoyen, au-delà des spécialités politiques ou économiques ou techniques ou juridiques, avec des approximations, du dialogue, le droit de réponse, les rectifications, les nuances... Je plaiderai la bonne foi qu'aucun avocat ne peut plaider à ma place (je sais en effet mieux que quiconque quand, comment et pourquoi j'ai écrit ou supprimé tel ou tel terme).

Je m'en expliquerai.

La politique du moindre mal ?

Bien sûr, vous me répondrez : « Mais la justice, c'est le droit, et le droit actuel prend le parti du riche et du puissant contre les démunis et les défavorisés, donc, prends un avocat pour éviter le pire. »

Le pire ?... Mais même le moindre mal est désastreux pour mes finances personnelles. Même la condamnation à un euro symbolique m'obligerait à payer les frais de procédure de la partie civile, ses huissiers, son personnel de veille, sa consignation, je ne peux ajouter à de telles sommes, évaluées à plusieurs milliers d'euros, les quelques 4 ou 5 000 € que me réclamera immanquablement l'avocat (prix d'ami).

Si je suis condamné, j'y consens, il faudra alors à la justice et à la partie civile prélever les quelques centaines d'euros qui restent sur mon compte bancaire... durant le restant de ma vie (j'ai 64 ans) sans préjudice pour mes enfants.

Bon. Je n'ai vraiment pas le choix : je dois me passer d'avocat. Je ne demanderai à personne de payer pour moi.

Je sais, vous êtes prêts à ouvrir une cagnotte pour rétribuer un avocat qui me défendrait. L'intention est belle. Un coup d'épée dans l'eau, aussi. Car... comprenez bien que je ne veux surtout pas d'avocat pour faire traîner l'affaire ! je veux un avocat pour finir au plus vite cette affaire et la faire clôturer en ma faveur.

Et je ne demanderai de cagnotte que pour un avocat spécialiste du droit de la presse plaidant la relaxe dans les meilleurs délais. Réduit aux terribles extrémités d'avoir à me défendre juridiquement des attaques d'un cabinet d'avocats acquis à toutes les "finesses" (sic) du prétoire. Qu'il soit bien entendu par tous que je viens absolument nu et désarmé. Innocent. Je n'ai vraiment aucune animosité contre la partie civile (bien au contraire, c'est elle qui en manifeste contre moi, comme le prouve son acharnement).

Entendons-nous bien, chers amis, chères amies, je ne peux pas avoir d'avocat.

Je ne peux pas avoir d'avocat. Pas maintenant.

Pas pour la séance de fixation de ce 30 août. C'est trop tôt pour réussir. Aucun avocat ne peut me sortir de ce guêpier juridique. Ce n'est pas du sophisme de ma part, croyez-moi, juste du bon sens : il faut trois conditions pour réussir – la bonne personne, – le bon endroit et – le bon moment. La bonne personne est celle qui obtiendra ma relaxe au plus tôt. Sauf miracle, cette bonne personne n'existe pas. Le bon endroit, c'est la 17e Chambre correctionnelle, pas ailleurs. Le bon moment, c'est cette audience du 30 août 2016 à 13h30.

Mon raisonnement, le délai et mon budget, ce sont là mes trois impératifs, incontournables.

C'est le pari pascalien

Blaise Pascal pose la question de la croyance en Dieu sous quatre postulats, chacun s'avérant positif ou négatif.

Appliquons donc l'exercice à notre situation... Histoire de voir.

Ai-je intérêt à croire en la justice ?...

– 1. soit la justice existe (elle est réelle, perceptible, notable)

– 2. soit la justice n'existe pas (elle est un leurre, une fiction, un mythe entouré de rites et de croyances)

Dans le premier cas (cas où la justice existe),

  • (a) Si je fais confiance à cette justice, moi seul (individu sans moyen autre que ma propre bonne foi, maladroite, humaine, citoyenne, susceptible d'erreurs et perfectible), j'ai tout intérêt à me présenter devant le juge tel que je suis.
  • (b) Toujours dans ce premier cas où la justice existerait, si je ne fais pas confiance à cette justice, si je me retranche derrière un avocat pour me seconder et dire ce qu'il faut pour faire plaisir à la cour, en situation de séduction et de persuasion plutôt qu'en situation d'exposition authentique, eh bien, je me trouverais alors de fait en situation d'insolence ou d'insulte à la magistrature, et ceci, que je vienne seul ou accompagné d'un avocat. Qu'importera donc la sentence, acquitté ou pas, je serais face à ma conscience, perdant, honteux, en déséquilibre intellectuel et moral, en porte-à-faux avec mes principes et devant mes amis, ma famille, mes proches, ceux qui croient en moi et en la justice.

Dans le second cas (supposons : la justice n'existe pas).

  • (a) Je me présente seul. Le tribunal ne daigne pas m'écouter vraiment et me condamne systématiquement, quoi que je dise, si précis et honnête que soit mon discours, car la cause aura été décidée avant même que de m'avoir entendu. C'est le propre des procès d'idées, des poursuites stratégiques contre la mobilisation publique, des jugements copains entre coquins sortis du même sérail, des délits d'opinion...
  • (b) Je me présente avec un avocat. Même sentence que ci-dessus, mais, en plus, les frais d'avocat à payer. L'enfer contractualisé.

Mes conclusions

Bon, on le voit, j'ai vraiment tout intérêt à me présenter seul pour expérimenter devant l'opinion publique la qualité de justice que nous avons dans notre pays. Le citoyen seul a tout intérêt à se présenter seul parce que c'est à la fois nécessaire et utile, pour notre position devant les institutions, et parce que c'est à la fois économique et équitable, au regard des moyens qui sont nôtres devant les attaques disproportionnées des grandes entreprises.

Ces grandes entreprises sont-elles à ce point démunies d'arguments qu'elles préfèrent attaquer en justice les blogueurs plutôt que d'utiliser le débat démocratique, pédagogique, critique ?...

J'ai hâte de savoir comment mes interlocuteurs répondront à cette question. Légitime et légale.

Jean-Jacques M’µ

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